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Homélie du Jubilé de l'Abbé Romefort

Ce samedi 25 juin à Beuvrages, l'abbé Romefort fête ses 30 ans de prêtre. La messe clôt une après midi consacrée aux réflexions sur le synode de Lille-Arras-Cambrai. Ci-après, vous trouverez son homélie.

le Samedi 25 juin 2016

Sous l’impulsion du synode LAC, cela fait maintenant quelques mois que nous sommes en marche pour réfléchir à un projet pastoral de nos deux paroisses pour les deux prochaines années.

 

Au cours des premiers mois de l'année 2016, vous vous êtes réunis en groupe et vous avez réfléchi aux quatre thèmes proposés par le synode.

 

  • La mission
  • La participation
  • La communion
  • La proximité

 

Nous sommes vite rendu compte que c’était compliqué de faire du neuf et d’être inventif, peut être parce que nous sommes accrochés à nos manières anciennes de faire. Pourtant, il va bien falloir passer à autre chose pour rejoindre les hommes et les femmes de notre temps.

 

Il vous est demandé d’être inventif, audacieux et de faire des propositions concrètes.

 

En lisant l’évangile, je me dis que Jésus demandait déjà la même chose aux hommes de son temps.

 

Tu veux me suivre ? Il va falloir quitter tes certitudes, ton petit confort et accepter d’être un pèlerin sur cette terre toujours en recherche.

 

Tu veux me suivre ? Alors il va falloir que tu ne t’attardes pas sur le passé : laisse les morts enterrer leur mort. C’est une manière dure et difficile de nous dire que la vie est devant pas derrière. Le plus important, ce sont les vivants. En regardant trop le passé, nous pouvons nous laisser envahir par la culpabilité ou la rancune. Vivre aujourd’hui : c’est là que Dieu nous fait signe. C’est là qu’est la vie.

 

Tu veux me suivre ? Arrête de regarder en arrière de te trouver toutes sortes d’excuses pour ne pas lâcher prise. Laisse la foi envahir ton cœur et remet toi en route à la suite de Jésus.

 

Pour être disciple du Christ, il faut accepter de lâcher prise, il faut accepter l’inconnu de se laisser toujours surprendre par l’inattendu que Dieu met sur notre route. Voilà ce qui rend passionnant le fait d’être disciple de Jésus !

 

D’une certaine manière, le synode nous dit la même chose : il temps pour l’Elise de se bouger, d’arrêter de jeter un œil derrière en regrettant un passé qui, de toute façon, ne reviendra pas.

 

Inventer l’église d’aujourd’hui et de demain, c’est passionnant ! Le synode nous invite à sortir de nos habitudes, du « on a toujours fait comme ça ! » pour oser inventer et être plus proche des réalités du monde d’aujourd’hui. L’Eglise est et continuera ainsi à être un repère, un signe d’espérance dans un monde qui manque d’espérance , qui manque de repère.

 

Etre prêtre dans cette Eglise d’aujourd’hui est une aventure passionnante car on ne sait très bien où l’Esprit nous mène. Mais ce dont je suis sûr, c’est que de ces moments parfois douloureux que nous pouvons vivre, naîtra une Eglise plus belle, plus vivante, un peu plus à l’image de ce que Jésus attend d’elle. Pour cela, il faut passer par une étape de « purification » que l’on vit actuellement - parfois dans la douleur -. Mais il faut passer par ce moment où nous remettons tout entre les mains de Dieu.

 

Chacun de nous est invité à vivre une véritable conversion, un retournement de son cœur vers Dieu pour lui demander de tout son être : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ».  Et d’entendre le Seigneur nous dire : « Acceptes-tu de me faire confiance et de pas vouloir tout contrôler mais de t’en remettre à moi ? de rependre ma main dans la confiance pour avancer. Acceptes-tu de quitter ton passé, de laisser ce qui est mort en toi pour accueillir la vie, tes amertumes, tes culpabilités, tes doutes, tes peurs, pour prendre ma main et te tourner vers l'aujourd’hui ? »

 

Accepter de cesser de regarder en arrière en se disant c’était mieux avant et accueillir la nouveauté de Dieu : être partie prenante de l’Eglise à bâtir en étant pierre vivante de cette Eglise.

 

Oui. Il est temps, grandement temps, de faire le choix de suivre Jésus dans la confiance. Il sait lui ce qui est bon pour nous (mieux que nous même !). Il nous suffit de nous mettre à son écoute.

 

Je me dis aujourd’hui en fêtant ces trente années au service de l’Eglise, quel bonheur d’être prêtre aujourd’hui !

Article publié par Anne- Fleur • Publié Dimanche 26 juin 2016 • 592 visites

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